samedi 18 mars 2017

Phenix, pour que les invendus des uns fassent le bonheur des autres (video)

Traquer le gaspillage alimentaire : c’est l’activité principale d’une petite start-up qui court la France pour faire les poubelles des supermarchés. Interview:

"La société existe depuis 2014. Nous sommes partis d’un constat de terrain : certains supermarchés donnaient déjà une partie de leurs invendus alimentaires à des associations. Mais les pratiques étaient bien souvent embryonnaires et reposaient sur la bonne volonté d’une ou deux personnes. Nous avons simplement professionnalisé, structuré et généralisé ces pratiques. Nous servons d’intermédiaire entre les supermarchés et différentes filières de valorisation, au premier rang desquelles les associations caritatives pour donner une deuxième vie aux invendus. La lutte contre le gaspillage alimentaire est notre cœur de métier. 

Il s’agit principalement des invendus alimentaires. Les produits frais dont la date limite de consommation est proche : fruits et légumes, pâtisseries, fromage, produits laitiers ; les produits secs dont la date limite d’utilisation optimale est proche : les pâtes, le riz, les céréales ou les biscuits. En gros, c’est 80 % des invendus. Il y a aussi des produits non alimentaires comme les fins de série des jouets ou de vêtements par exemple, les fins de promotion des produits d’hygiène et, globalement, tout ce qui est saisonnier.

Le matin, nous faisons le tour des supermarchés, nous rencontrons les associations locales et nous créons et supervisons des plannings de redistribution. Nous sommes en appui logistique et faisons de l’accompagnement, de la conduite de changement et de la formation dans les magasins. Nous avons également une plate-forme numérique pour connecter les supermarchés et les différents repreneurs et ainsi répondre au plus près des besoins, en direct. Si un chef de rayon s’apprête à déclasser des yaourts, il se connecte à la plate-forme, il propose ses yaourts et une association peut les réserver et passer les récupérer.

La clé de la réussite est économique. Les magasins économisent en gestion des déchets, ils ont également un crédit d’impôt pour tout don en nature à des associations caritatives. Par exemple, s’ils donnent pour 10 000 euros de briques de lait à une association, ils récupèrent un crédit d’impôt de 6 000 euros. De notre côté, nous prenons un pourcentage sur les économies réalisées : tout le monde est gagnant. Le moment sociétal est aussi favorable et historique. On sent bien que les gens sont sensibles au sujet du gaspillage.






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