jeudi 26 janvier 2017

Contre les engrais chimiques, le compost "magique" des Béninois

Un astucieux mélange de déchets verts, de plantes sauvages jugées nuisibles, de fumier et d’insecticides naturels permettent aux agriculteurs des villages de Yokon et Agbodo de cultiver la terre sans détériorer l’environnement

Dans les deux villages témoins choisis dans la vallée du fleuve Ouémé, qui traverse le pays du nord au sud, l’association développe depuis 2014 son compost à la recherche des meilleures proportions possibles, mais forme déjà des paysans à l’utilisation de son produit actuel. Car le succès est au rendez-vous avec des cultures florissantes. Un beau pied de nez aux produits phytosanitaires massivement utilisés dans la région. 

Autrefois largement subventionnés par le gouvernement, ces derniers sont d’autant plus nocifs qu’ils sont mal utilisés par les paysans.

"Nous expliquons le principe du compostage lors de la séance de formation : les différentes couches, les trois fosses de compost, le temps de fermentation etc. Ensuite, nous partons tous ensemble dans la nature pour récolter les déchets verts et nous empilons les tiges, les feuilles, les jacinthes d’eau et le fumier selon un ordre précis. Rien n’est laissé au hasard et c’est là qu’est le secret de notre réussite.

Une des propriétés importantes de ce compost est son caractère insecticide. Nous utilisons le neem ou margousier, ses graines, ses feuilles et ses branchages. Nous pilons le tout pour faire une sorte de poudre que nous mélangeons au compost. Cet arbre, jugé nuisible à cause de ses fortes racines, a en réalité de très bonnes propriétés contre les insectes. Il rend en quelque sorte notre compost "magique" parce que pluriactif ."

Dans la région de l’Ouémé, terre connue pour ses maraîchers, le succès est au rendez-vous : le taux de germination des graines a atteint les 90 % selon l’association. 




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