dimanche 11 décembre 2016

L'économie circulaire arrive à Hong Kong

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

Dans une économie circulaire, la valeur des matériaux est maintenue pendant le cycle du produit, l’utilisation des ressources est réduite au minimum et il n’existe pas de déchets. 
La transition vers une économie circulaire exige une action à tous les stades du cycle de vie du produit : de l’extraction des matières premières, par le biais de matériaux et la conception de produits, la production, la distribution, la consommation, la réparation, la réutilisation, re-fabrication, le recyclage et la gestion durable des déchets. 
L’objectif est de produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l’eau et des sources d’énergie. 
Il s’agit de déployer, une nouvelle économie, circulaire, et non plus linéaire, fondée sur le principe de « refermer le cycle de vie » des produits, des services, des déchets, des matériaux, de l’eau et de l’énergie.
L’économie circulaire propose donc un nouveau modèle de société qui utilise et optimise les stocks et les flux de matières, d’énergie et de déchets et vise ainsi à l’efficience de l’utilisation des ressources, afin de prévenir de l’épuisement des ressources naturelles et des énergies fossiles.
L’économie circulaire est donc à la croisée des enjeux énergétiques, environnementaux et économiques.

L’intérêt de Hong Kong pour l’économie circulaire

Le développement de l’économie circulaire permet de diminuer le prélèvement des ressources, de réduire la production de déchets, de restreindre la consommation d’énergie et participe enfin au redressement productif du territoire. 

La gestion des déchets étant au cœur de l’économie circulaire Hong Kong semble plus que concerné par cette approche. 

En effet, au cours des 10 dernières années, à Hong Kong, l’augmentation de la quantité de déchets a été constante et au vu de l’expansion démographique, ne prévoit pas de ralentir. A titre d’exemple, les hongkongais jettent aujourd’hui plus de 3 330 tonnes de déchets alimentaires par jour ce qui représente 36 % des déchets “solides” de Hong Kong . 

Par ailleurs, en 2014, à Hong Kong seulement 3 % des déchets alimentaires ont été recyclés ou valorisés , et d’ici 2020, l’ensemble des décharges seront saturées .

Via cette approche, les déchets deviennent d’une part des matières premières locales à faible coût, d’autre part un atout socio économique certain favorisant la création d’emplois locaux non délocalisables, enfin, du combustible pour la production d’énergie. 

D’où le fort intérêt de Hong Kong qui se voit aujourd’hui confronté à un problème de stockage de ses déchets, mais aussi un problème de production énergétique. En effet, à Hong Kong l’électricité est principalement produite à partir d’énergies fossiles et à l’avenir Hong Kong devra principalement se reposer sur les importations chinoises pour son approvisionnement énergétique.

Si Hong Kong est probablement assez loin de l’intégration du modèle circulaire dans son économie. Néanmoins, des initiatives locales, certaine de grande ampleur, permettent d’introduire le concept progressivement dans le paysage hongkongais.


  • L’entreprise française Veolia exploite à Hong Kong, depuis mai 2016, un centre de traitement des boues (le T-Park à Tuen Mun). Cette usine traite quotidiennement plus de 2 000 tonnes de boues pour la production d’électricité. C’est une puissance de 14MW qui est générée via les eaux usées, dont 2MW sont réinjectés dans le réseau. La centrale fournie également de nombreux emplois, notamment par l’entretient du spa et du jardin public mis à disposition gratuitement pour les locaux. 
  • A plus petite échelle, la structure « Redress » est une organisation environnementale qui œuvre pour la diminution des déchets dans l’industrie textile. Outre leurs programmes éducatifs, l’association recycle les matériaux afin d’en faire des pièces vestimentaires.
  • L’entreprise « The Mushroom Initiative” récolte le marc de café des entreprises de restauration locales afin d’en faire un substrat pour la production industrielle de champignons comestibles.
  • « So Soap », est quant à elle une entreprise sociale locale qui recycle les huiles de cuissons des Hongkongais afin d’en faire des produits détergents et du savon.
  • « Makerbay » est une association créée par le français César Harada, qui regroupent des entrepreneurs dans les domaines des arts, du design, de l’ingénierie et de la science. Leur vision est de développer une civilisation durable et prospère par l’impact social et environnemental. Cela en éduquant, sensibilisant et responsabilisant les décideurs pour la communauté.
  •  The Chief Project » est une entreprise locale qui recycle les chutes de tissus, afin d’en faire des mouchoirs, qui représentent 7% de déchets totaux à Hong Kong.
  •  V’air », est une start-up locale portée par 4 étudiants hongkongais. Leur concept : promouvoir le tourisme environnemental et durable à Hong Kong, afin d’y développer l’économie locale tout en incitant les hongkongais à découvrir leur territoire plutôt que de prendre l’avion vers des destinations étrangères sur le temps d’un week-end.


Cette liste non exhaustive d’initiatives recense de bons exemples locaux pour la mise en place d’une économie circulaire et démontre la forte implication de la société civile hongkongaise pour cet enjeu.

photo: wikipedia


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