samedi 12 novembre 2016

Manta, le bateau éboueur d'Yvan Bourgnon, est à l'étude (video)

Le projet pourrait être celui d'un doux rêveur. Un voilier de très grande taille, tirant une sorte de peigne de 72 m de large, ratisse la mer et récupère tout ce qui y flotte. Puis une grue, un tapis roulant ou des bras humains hissent les détritus qui s'accumuleront, compressés, dans les deux coques centrales de 150 tonnes de contenance. Le projet est présenté lors de la Cop 22 à Marrakech.

Devant une telle idée, un esprit rationaliste produit spontanément une série d'objections. L'océan est immense, la quantité de matière plastique déversée dans les océans est énorme, un navire ne pourra que réaliser un minuscule prélèvement symbolique et un tel bateau reste à inventer.

Voilà qui n'arrête pas Yvan Bourgnon, celui qui, en 2014, a bouclé un tour du monde sur un catamaran de sport, un bateau non habitable donc, seulement conçu pour des virées au-delà de la plage. Et justement, c'est le constat qu'il a alors réalisé, si près de la surface de l'eau, qui a déterminé ce qui est aujourd'hui un projet de vie. « À 10 ans, explique-t-il à Futura, j'ai fait un tour du monde avec mes parents. Il n'y avait pas de plastique. 33 ans plus tard, il y en a partout. »

Une étude récente, menée par la fondation Ellen MacArthur et le cabinet McKinsey, estime qu'en 2050, la masse de plastique présente dans l’océan sera égale à celle des poissons. Selon ce travail, la progression est exponentielle, avec un triplement entre aujourd'hui (150 millions de tonnes) et 2050 (750 millions de tonnes).

Alors que peut faire un bateau ? « On ne va pas tout ratisser ! répond le marin. Mais on peut faire deux choses. D'abord travailler sur les zones les plus contaminées, environ 10.000 sur la planète, et faire du ramassage alors que les déchets ne sont pas encore très fragmentés donc récupérables. Là, on est dans la bande côtière, disons 100 miles [environ 180 km, NDLR], et ces sites sont bien connus. La deuxième est de mener des actions ponctuelles, rapides, quand des pollutions accidentelles se produisent en cas de grandes inondations. En Europe, cela a été le cas cet hiver avec les inondations en baie de Seine qui ont envoyé de grosses quantités de déchets dans la mer. Mais c'est surtout vrai en Asie du sud-est, après des typhons. »

source: FuturaScience