mercredi 5 octobre 2016

Les vaches rares d'Aquitaine

La Limousine, la Bazadaise, la Blonde d’Aquitaine, autant de vaches symboles de la région. Leur qualité qui a leur a valu sélection et honneurs pourrait cacher une grande diversité du patrimoine génétique et naturel représenté dans la région par la vache marine, la Betizu, la Bordelaise et la Béarnaise.

1- La vache marine, l’origine des courses landaises
Les pieds dans l’eau ou bien dans les sous-bois forestiers, la carte postale de la vache dans son près prend un sacré coup de vieux avec la vache marine. Elle est souvent dite landaise car elle a élu domicile surtout dans les landes qu’elles soient girondines ou landaises. Dès le XVIIIème on en trouve derrière le cordon dunaire et autour des lacs et marais d’arrière-dune littorale. Lieu où elles se réfugieront avec l’asséchement des landes quand la culture du pin maritime apparaîtra.

A l’époque, si les habitants ne l’élèvent pas à cause de son lait trop peu qualitatif, ils n’hésitent pas en revanche à chasser les veaux. Pour cela les hommes bravent les vaches, des petits gabarits de 300 kilos, une pratique qui donnera naissance aux courses de vaches… landaises.
Les sylviculteurs voient, dès leur installation, d’un très mauvais œil son goût pour les jeunes pousses. Elle est alors décimée. La Seconde Guerre mondiale et les années qui suivent auront raison d’elle. Fin de l’histoire, semble-t-il, pour la vache marine.

Rebondissement dans les années 80 quand un maquignon découvre un troupeau domestiqué chez un éleveur de Sanguinet.

Cela lui vaut d’être chouchoutée par le Conservatoire des races d’Aquitaine et la Sepanso qui l’implante à la réserve naturelle de l'étang de Cousseau. Mais seulement une cinquantaine de têtes est décomptée. Pour la trouver, il faut regarder juste au dessus des bruyères et des herbes folles,… elle ne fait pas plus d’1m30.

2- La Betizu, la basque frontalière

La vache basque appelée Betizu est aussi sauvage que sa voisine landaise. On pourrait la comparer au pottok côté chevaux. Elle vit en groupe, n’a pas peur des chemins escarpés et ses cornes évasée et pointant vers l’avant ne donne pas envie de lui monter sur les sabots. Cette sauvageonne n’a jamais connu la domestication ce qui représente sa grande singularité. Entièrement brun-rouge et vivant en groupe, elle est reconnaissable de loin dans les collines basques.

Son isolement dans ces montagnes lui a permis de ne pas se croiser à d’autres races et d’être restée ainsi un emblème du Pays basque jusqu’à nos jours où EITB, la télé basque espagnole, consacre un programme pour enfant nommé Betizu.

Car la vache vit des deux côtés des Pyrénées. Côté français, la peña Betisoak (le pluriel de Betizu) a sélectionné des vaches Betizu (provenant d’un élevage) pour l’encierro organisé à l’occasion de ses 30 ans, au mois d’aout dernier, le long des remparts de Bayonne.

Les randonneurs pourront en admirer sur les pentes de la Rhune et du Mondarrain où elles sont tout au plus une centaine. Ils auront alors devant leurs yeux l’une des plus vieille vache d’Europe.

3- La Béarnaise et la Bordelaise, victimes de leur succès

Domestiquées et très présentes dans notre région la Bordelaise et la Béarnaise ont pourtant failli disparaître. Destins incroyables pour ces vaches qui ont marqué l’histoire de la région.

La béarnaise figure même sur les blasons et les monnaies du Moyen Âge. C’est dire si la vache était un symbole du territoire. Jusqu’au début du XXème, on compte même pas moins de 150.000 têtes. On pense alors qu’elle durera encore autant de siècles que ceux déjà vécus. Mais la belle est trop belle : elle donne naissance avec la Garonnaise à la Blonde d’Aquitaine en 1961. Cela causera sa perte. Le cheptel tombe alors à seulement une trentaine têtes en vallées d’Aspe et D’Ossau. Elevée pour les travaux d’agro-pastoralismes et pour son lait, cette montagnarde aura pourtant rendu de nombreux services aux Pyrénéens. Sa robe froment clair et ses cornes portées hautes la distinguent parmi toutes les autres.

Elle est considérée aujourd’hui comme sauvée mais il y a un peu moins de 200 spécimens de Béarnaise.

Même étonnement en parcourant l’histoire de la vache bordelaise. Cette laitière rustique à la robe pie noire typique (taches blanches et noires) était appréciée et élevée dans toute la région, peu importe le milieu. Ne l’insultait pas en la confondant avec la première hollandaise venue. Cette vache a toujours les pattes, la tête et la queue noire.

A la fin du XIX ème, considérée comme la meilleure laitière de sa génération, elle est implantée sur tout le territoire.

Jusqu’aux années 1950, toutes les tables du Sud-Ouest bénéficiaient de beurre et de lait de la Bordelaise. Un vrai symbole.
Mais l’arrivée de l’agriculture intensive et de ses nouvelles races a raison d’elle. En peu d’années, elle disparaît. Grâce à une poignée de vaches disséminées dans plusieurs élevages de la région, elle ressuscite à partir des années 90.

article de Cyourmag
photo de la vache landaise: wikipedia


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