dimanche 23 octobre 2016

Les nouveaux glaneurs, qu'est-ce ?

La pratique du glanage est historique : à l'origine, elle désigne le ramassage des fruits, des légumes et des céréales restés ou tombés au sol dans un champ ou un verger après une récolte. Aujourd'hui, le glanage alimentaire existe aussi en ville où les glaneurs récupèrent des aliments comestibles abandonnés à la fin des marchés ou jetés dans les poubelles des supermarchés.

L’édit royal du 2 novembre 1554 du roi Henri II (toujours en vigueur !) indique que « le droit de glaner est autorisé aux pauvres, aux malheureux, aux gens défavorisés, aux personnes âgées, aux estropiés, aux petits enfants ». Une conception donc relativement restreinte et relevant surtout du domaine de la charité.

Au 21ème siècle, le glanage ne se cantonne plus seulement à ce domaine. Sa perception et ses pratiques ont largement évolué et il connaît un regain notable depuis quelques années.
Seul ou à plusieurs, de façon spontanée ou dans un cadre organisé, ponctuellement ou fréquemment, à la campagne ou en ville… les formes du glanage sont aussi multiples et variées que les motivations des glaneurs.

Certaines personnes glanent pour répondre à des besoins alimentaires (les leurs ou ceux de bénéficiaires), d’autres pour mener des actions sociales, pédagogiques et militantes. Pour des porteurs de projets, il peut aussi s'agir de développer des activités économiques à partir de la valorisation de ressources locales et ainsi rapprocher les consommateurs des producteurs via des systèmes de circuits courts et de proximité. Une diversité de formats et d’objectifs qui font toute la richesse des projets qui se développent un peu partout dans nos territoires.

Quelques exemples:

J’aime Boc’oh est un concept de conserverie solidaire développé depuis 2014 dans la région de Chambéry. L’initiative consiste à transformer des fruits et légumes disqualifiés en conserves artisanales .

Re-Bon récupère les surplus de production et les invendus d’une quinzaine de producteurs de la région nantaise. Les produits glanés sont ensuite redistribués au Secours Populaire de Saint-Herblain, à la Banque Alimentaire de Loire-Atlantique ou à de petites associations locales.

Les Gars’pilleurs, mouvement militant, né à Lyon en 2013, organise des actions de récupération de denrées jetées par les commerces pour les redistribuer gratuitement sur la voie publique.

Depuis 2010, plusieurs Tentes des Glaneurs ont vu le jour en France (à Lille, Paris, Caen, Grenoble...). Ces collectifs mettent en place des actions de collecte de fruits et légumes invendus ou destinés au rebut auprès de commerçants présents sur les marchés. Les produits sont ensuite redistribués gratuitement à des particuliers en situation précaire ou difficile (familles monoparentales, personnes sans emploi, étudiants…), dans des conditions dignes et favorisant le lien social. La redistribution s’effectue en fin de marché pour ne pas porter concurrence à l'activité des vendeurs professionnels.

Article complet à FNE
photo: Radins 

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