samedi 8 octobre 2016

Le maïs "population" d'Aquitaine, qu'est-ce que c'est ?

Un agriculteur qui veut planter du maïs ne peut qu’acheter des semences « hybrides », propriété des semenciers. Mais une alternative existe maintenant : le programme « l’Aquitaine cultive la biodiversité » développe les maïs paysans — dits « population » - et sans brevet..

Solidement planté devant l’enfilade de rangées de maïs, Bertrand Lassaigne est intarissable. Chaque maïs a son petit nom, son histoire. "Le ruffec, c’est un agriculteur charentais qui nous l’a apporté", commente-t-il devant un alignement de plants. De petits panneaux indiquent le nom et décrivent les variétés. "Le coussarin, il vient du Périgord, poursuit-il. Et le lavergne, c’est moi qui l’ai créé. En 2003, j’ai planté un mélange de variétés qui me plaisaient. Puis, d’année en année, j’ai sélectionné les meilleurs épis. Aujourd’hui, il s’adapte à beaucoup de régions, résiste bien à la sécheresse et donne des rendements constants."

La visite est presque devenue un rituel. Chaque année, en septembre, le programme « l’Aquitaine cultive la biodiversité » invite agriculteurs et curieux à visiter cette plateforme expérimentale, située sur la ferme de Bertrand, au Change, en Dordogne. Si les individus au sein d’une variété se ressemblent, ils sont loin d’être tous identiques, et ils peuvent être ressemés chaque année par le paysan au contraire des maïs dits "hybrides", les seuls aujourd’hui vendus par les semenciers et qui ne peuvent être ressemés. 

La récolte aura lieu dans un ou deux mois et on peut observer les épis déjà formés. En les libérant de leur épaisse enveloppe de feuilles, on découvre des grains de toutes les couleurs, allant du jaune classique au rouge, noir, ou même blanc.

En quinze ans plus de mille agriculteurs ont reçu des semences grâce au programme !

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