mardi 4 octobre 2016

Abeilles des villes ou abeilles des champs ?

Les ruches des villes produisent plus de miel, en moyenne, que celles des campagnes : 50 kilos, voire jusqu’à 80 kilos pour une colonie moyenne contre une trentaine de kilos en campagne.

Contrairement aux hommes, les abeilles sont moins stressées en ville : on y trouve moins de pesticides depuis que beaucoup de mairies sont passées au bio pour l’entretien de leurs espaces verts, moins de frelons asiatiques, des températures plus douces dues à la concentration urbaine et, étonnamment, une plus grande diversité florale. 

Car, en campagne, l’industrialisation agricole a conduit à une monoculture qui étouffe la biodiversité alors qu’en ville parcs publics et jardins privés regorgent de variétés différentes et parfois exotiques dont la floraison s’échelonne du début du printemps à la fin de l’automne. Quant à dire que le miel urbain est moins pollué… c’est moins sûr.

Une étude complète de l’Oniris (école nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l’alimentation) à Nantes éclaire sur les paradoxes des pollutions : elle a trouvé 238 types de molécules chimiques dans les ruches des zones cultivées, 208 dans des bocages et 177 en zone urbaine, avec à chaque fois une concentration plus importante au printemps, au moment des traitements. 

Les ruches en campagne seraient donc en moyenne plus polluées par les produits phytosanitaires, mais certaines ruches urbaines le sont tout autant, en fonction de leur lieu d’implantation et des vents dominants. 

Mais cette étude a pour la première fois analysé la présence d’hydrocarbures sur les abeilles et dans le miel : les ruches les plus rurales sont les moins atteintes, et celles qui sont proches d’agglomérations ou d’axes routiers sont les plus polluées. 

Curieusement, celles situées en centre-ville présentent des niveaux d’hydrocarbures intermédiaires entre ces deux extrêmes : une ruche campagnarde proche d’une autoroute contient plus d’hydrocarbures qu’en centre-ville. 

L’étude conclut aussi que si le miel présente des taux de pollution qui ne mettent pas en danger la santé de l’homme, que ce soit en campagne ou en ville, ce n’est pas la même chose pour la santé des abeilles.

source: Cyourmag
illustration: wikipedia

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