lundi 8 août 2016

Des arbres pour Madagascar

«Depuis nos premières plantations en janvier 2011, nous avons produit 3,1 millions d’arbustes dans le but de reboiser quelque 2000 hectares. Pour reboiser les 6000 hectares cédés par l’Etat malgache à la coopérative de fermiers que nous soutenons, il reste à produire et à planter 6,4 millions de plants.»

Il aime la précision, Philippe Dubois. Normal, les chiffres qu’il fournit avec fierté traduisent l’ampleur du travail de reboisement accompli dans la région de Bekoratsaka, au nord de Madagascar, par la Fondation EcoFormation dont cet ingénieur agronome natif de La Chaux-de-Fonds est l’un des membres fondateurs.

«L’idée de faire quelque chose à Madagascar est née lors d’un voyage au nord de la Grande Ile en 2009», raconte avec passion ce sexagénaire toujours en mouvement. «Mandaté pour comprendre les raisons de la baisse des productions de café et de cacao, j’ai pris conscience que la déforestation n’était pas qu’un phénomène théorique. Non seulement, en voyant des km2 de forêts primaires détruites, les impacts négatifs sautaient aux yeux et les conséquences étaient quantifiables: baisse des récoltes de 40% du fait de la diminution des pluies, alimentation des rivières et des nappes phréatiques critiques, baisse des sources d’alimentation et de revenus pour les populations.»

De retour en Suisse, l’agronome établi à Blonay prend contact avec des amis, dont le professeur Baltz Gfeller, un ingénieur forestier réputé, consulte experts et spécialistes. L’aventure malgache peut commencer.

Le projet mis sur pied par ces amoureux de la Grande Ile avec l’étroite collaboration de ses habitants repose sur trois piliers. Environnemental, bien sûr: les nouvelles forêts doivent permettre de séquestrer les gaz à effet de serre, favoriser la pluviométrie, lutter contre l’érosion, contribuer à rétablir la biodiversité. Mais, il doit aussi avoir un impact éducatif et social, par le biais de la formation des jeunes et la sensibilisation des populations, l’accès à l’eau potable et aux soins médicaux, etc. Et puis, last but not least, le volet économique doit permettre de créer des emplois, notamment pendant les périodes des plantations, et des microentreprises pour la production de plants et la commercialisation des produits agro-forestiers.

«Le projet mené par EcoFormation s’inscrit parfaitement dans cette nouvelle logique qui veut qu’il n’y ait pas de développement sans penser au climat et à l’écologie», commente le conseiller aux Etats vaudois Luc Recordon. Pour l’élu Vert, qui a participé en mai dernier à un voyage de parlementaires dans la Grande Ile, «le projet d’EcoFormation est d’excellente qualité, tant il est vrai que le reboisement est évidemment une des choses à faire à Madagascar».


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