jeudi 22 octobre 2015

Phytoremédiation, phytoextraction: la dépollution des sols par les plantes, ça marche ?

Les plantes sauveront-elles les sols pollués ? Une collectivité de l'Oise tente l'expérience de cette méthode douce, visant à concilier reconquête environnementale et politique urbaine. 

Le site choisi est celui d'une ancienne usine de camping-cars fermée dans les années 1990.

« Lorsqu'on a fait des études de sol, on a trouvé de la pollution qui venait de cette entreprise, mais aussi d'autres activités, car c'était des sols en remblai, pollués ailleurs et reversés ici ». Plantés sur 300 m2 au bord d'un rond-point, les saules des vanniers, aux frêles tiges, et les arabettes de Haller, minuscules végétaux en étoile, ne relèvent pas de la simple coquetterie paysagère :  contrairement à d'autres plantes qui bloquent les métaux aux racines, les saules et les arabettes « facilitent l'absorption des métaux, qui montent avec la sève dans les feuilles ». C'est la fraction la plus mobile des métaux, donc la plus susceptible de souiller les nappes phréatiques ou de contaminer d'autres surfaces, qui est ainsi absorbée.

Les résultats sont probants après deux ans d'expérimentation, les saules et les arabettes accumulaient toujours davantage de métaux : quatre fois plus de zinc que l'an dernier et deux fois plus de cadmium. La technique n'est cependant pas la panacée en dépollution pure : « Ces plantes ont de petites biomasses, donc il faudrait des centaines d'années pour phytoextraire la pollution de sols très contaminés. Cela fonctionne quand la pollution est moyennement intense, et sur de petites surfaces les sols sont souvent excavés et traités à part ».

La phytoextraction s'inscrit aussi dans l'économie circulaire. Les métaux stockés dans les feuilles et tiges des végétaux peuvent en effet être réemployés en « écocatalyseurs dans les procédés pharmaceutiques et chimiques »... mais ce n'est qu'une solution parmi d'autres ...

source: FuturaScience
photo du Saule des vanniers: wikipedia