samedi 26 septembre 2015

Cultiver des légumes sans les arroser ? c'est possible !

Pascal Poot va à contre-courant. Pour cet agriculteur quinquagénaire, pas question d’adhérer au diktat de la société de consommation. Celle-la même qui voudrait qu’un bon légume soit nécessairement arrosé, d’eau comme de pesticides. Lui n’utilise ni l’un ni l’autre et cultive pourtant d’excellents légumes. 

Les secrets ? La "couche chaude" pour la germination et la sélection naturelle pour l'amélioration... Et oui, il faut du temps ... 

Utilisée au XIXe, la méthode dite de la "couche chaude" consiste à placer les graines de légumes sur du terreau dans des jardinières. Celles-ci sont alors placées sur un énorme tas de fumier en décomposition dont la température atteint rapidement 70 degrés pendant plusieurs jours. Cette disposition permet alors à l’engrais naturel de chauffer la serre, entrainant la germination des graines . La plante s’est alors développée et l’agriculteur la dispose sur son terrain où il ne s’occupera plus de ses plantations, les laissant grandir en autonomie totale.

L'autre secret, c’est l’exploitation de ce qu’on appelle "l’hérédité des caractères acquis ". Ainsi, il y a une vingtaine d’années, il plantait ses premières graines de tomates sur son "terrain plein de cailloux"... Laissant grandir ses légumes sans aucune attention, il n’a obtenu, dans un premier temps, que peu de tomates aux dimensions ridicules. Au bout d’un an ou deux les récoltes commencent à s’améliorer et Pascal Poot évoque "1 ou 2 kg par plant". En réalité, c’est l’absence d’attention humaine, et donc d’eau ou de pesticides, qui rend le légume chaque fois plus résistant. En clair, les caractères positifs des plantes se transmettent de génération en génération. Après une vingtaine d’années, les plants du jardinier donnent jusqu’à 25 kg de tomates chacun.

Etonnant, non ?