mercredi 25 mars 2015

Pourquoi les néonicotinoïdes sont une menace pour les abeilles ?

Malgré le fait que les pollinisateurs ne soient pas les cibles des néonicotinoïdes, ils peuvent y être exposés et y sont particulièrement sensibles.

Les voies d’exposition des pollinisateurs aux néonicotinoïdes sont multiples.

Ils peuvent y être confrontés par voie orale en ingérant le pollen, le nectar et le miel après sa fabrication. Cette contamination peut se faire par le biais des fleurs des cultures traitées ou de celles des terrains environnants du fait de la diffusion des néonicotinoïdes dans le sol. Ils sont atteints par contact direct lorsque les néonicotinoïdes sont pulvérisés ou par les rejets de poussière lors du semis de graines enrobée.

Il est possible que les abeilles soient aussi affectées du fait de la contamination de leur environnement (sol, eau, composés végétaux). Les abeilles sauvages y sont particulièrement sensibles puisqu’elles nichent la plupart du temps dans le sol et construisent leur nid à partir d’éléments végétaux.

Les effets toxiques des néonicotinoïdes ne se résument pas seulement à la mort immédiate des pollinisateurs :

Les doses létales entraînant la mort des abeilles ne sont que rarement atteintes par voie orale (via le pollen et le nectar) sur les cultures traitées par enrobage de semences mais peuvent l’être sur les cultures traitées par pulvérisation ou irrigation.
Le contact direct aux poussières d’enrobage durant le semis est mortel.
Le pollinisateur peut succomber après exposition ou ingestion chroniques de doses sublétales.
Plus problématiques encore sont les effets sublétaux caractérisés par une multitude de symptômes. Les capacités motrices et comportementales des abeilles sont perturbées entrainant leur dépérissement à long terme.
Des synergies ont pu être observées entre des néonicotinoïdes et d’autres pesticides ou des agents pathogènes.
Peu d’études ont été menées sur les abeilles sauvages. Néanmoins, tout porte à penser qu’elles sont également affectées voire davantage du fait de leur petite taille.

Les cultures non traitées par des néonicotinoïdes peuvent être polluées par les résidus contenus dans le sol du fait des précédents culturaux. En effet, la durée de vie de ces molécules dans le sol peut atteindre plusieurs années.
La teneur en néonicotinoïdes dans le sol augmente par accumulation lorsque les cultures sont traitées systématiquement au fil des années. Les pollinisateurs peuvent alors être exposés à des doses beaucoup plus importantes que celles envisagées.

source: pollinis
photo: wikipedia