lundi 24 août 2009

Les Jardins de la Fontaine (Nîmes)

Les Jardins de la Fontaine sont nés des travaux entrepris au XVIIIe siècle pour réguler le débit de la source Nemausa, dont l'eau était nécessaire aux industriels nîmois du textile. Lors des travaux, des fouilles ont mis au jour des vestiges riches et variés : sanctuaire, bains romains, un théâtre antique (ce dernier existe toujours mais est fermé au public).
C'est ainsi que naquit un superbe jardin grâce aux travaux menés par Philippe Mareschal, ingénieur du Roi Louis XV en 1745.
La colline du jardin, parcourue par de multiples allées , est plantée de nombreux Pins, Marronniers d'Inde et Cèdres...

et tout en haut...
la Tour Magne.



Qui mieux que Mistral, peut en parler ?




Le cinquantenaire du Félibrige

Le jour de Sainte-Estelle,
Il y a cinquante ans,
Le cri qui fait ouvrir
Eclata tout à coup.
A son retentissement,
ô délivrance belle !
tout le midi de France
Décilla son sommeil.

Les sept de Font-Ségugne,
Pris d'un caprice gai,
avaient picoré aux grappes
Des coteaux de Châteauneuf :
Toujours béants,
Rossignols et mésanges,
En chantant notre langue
Nous étions comme des dieux.

Et narguant les sevreurs,
les traîtres, les hiboux
qui à la terre mère
rendent étrangers les fils,
Dans nos chansons
Toujours le mot "jouvence"
Rimait avec Provence,
joyeux, étincelant.

Le tri n'avait pas lieu
Du moindre ni du plus ;
De "petite patrie"
On ne parlait jamais :
De vers le Mont-Ventour
Poussant notre brouette,
On était patriote
Provençal avant tout.

Par des œuvres magnifiques
La nation se remuait
et nous faisions, pacifique,
Une révolution :
Au grand flambeau
Allumant nos audaces,
Nous fondions dans l'espace
L'Empire du Soleil.

Et d'Espagne et d'Irlande
On nous venait en aide ;
De la Finlande même
On nous criait : Courage !
Heureux celui qui croit !
Des Baux, droit vers Palmyre,
Nous avions pris pour repère
L'Etoile des Trois-Rois !

Dans notre capitale,
Au riant Avignon,
Venaient prendre l'essor
Les frères de Paris :
Alphonse Daudet
Et le bon Paul Arène
A la source d'Hippocrène
Buvaient à pleine main.

Les beaux diseurs sont morts,
Mais les voix ont résonné ;
Sont morts les bâtisseurs,
Mais le temple est bâti.
Aujourd'hui peut souffler
La bourrasque du Nord :
Au front de la Tour-Magne
Le saint signal est fait.

Vous autres, les jeunes gens
Qui savez le secret,
Faites que point ne croule
Le monument mystique ;
Et, en dépit
De la vague qui le sape,
Apportez votre pierre
Pour hausser le monceau.

Si votre foie est rouge,
Vous entretiendrez bon feu,
Pour qu'il ne froidisse pas,
Le foyer de la Noël.
Mais les maudits,
Ceux qui renient le verbe,
Que la terre s'entr'ouvre
Pour les engloutir !