lundi 19 mai 2008

Mai 68: le bilan d'un 68tard écolo, Yves Paccalet

On a perdu sur toute la ligne !
« Sous les pavés, la plage ! »

« Jouissons sans entraves ! »
« Soyons réalistes, demandons l’impossible ! »

En Mai 68, nous ne chantions ni trop faux ni trop mal les espoirs de la vie… En ce temps-là, j’étais jeune, le sida n’existait pas, je fumais des Gauloises bleues, j’avais les cheveux longs et un peu d’éréthisme cardiaque. Je croyais en l’avenir de l’homme et nous avions raison de vouloir bâtir un autre monde.

Rien n’excuse les complicités de crimes dont nous nous sommes rendus coupables par naïveté juvénile – l’irresponsable célébration d’un castrisme ou d’un maoïsme dont le romantisme révolutionnaire était dans nos têtes et les prisons à Cuba ou en Chine.
Mais il y avait de la noblesse et de l’altruisme dans notre rêve. Continuons le combat…

On a dit ou écrit que les soixante-huitards avaient trahi leur idéal et pris à la fois le pouvoir et l’oseille. Rien n’est plus faux.
Les dépaveurs de Boul’Mich que nous étions (tous cantonniers : quelle ambition !) n’ont pas gagné, mais perdu la bataille. Sur toute la ligne… Nous avons été battus, pulvérisés, anéantis. Moins par les CRS, en vérité pas si méchants (ah ! le frisson des matraques…), que par ceux qui s’intitulent « libéraux », qui étaient nos adversaires à l’époque et qui tiennent les commandes depuis quarante ans.
En Mai 68, ils étaient militants de droite ou d’extrême droite. Nous avions le même âge, mais c’est tout ce que nous partagions...


La suite à lire absolument (ainsi que les commentaires) sur le blog d'Yves Paccalet

3 commentaires:

jenofa a dit…

Perso, j'ai passé 68 sans Castro, sans Guevara, sans Trotsky, enfin, sans tous ceux-là, quoi.Et croiser Sartre sur le Boul'mich ne me faisait ni chaud ni froid.
Mais avec Giono, François Terrasson, Théodore Monod, Barjavel, Gary Snyder, Henri David Thoreau, Gaston Couté, etc, etc. Aussi avec Gilles Servat, Allan Stivell.
Et ma foi, je pense n'avoir pas eu totalement tort.

Kolova a dit…

Je n'ai pas eu l'honneur de croiser à ce moment là tous ces personnages illustres car j'étais à Marseille où la "révolution" se faisait sur la Cannebière (avé l'assent) et dans les facs, mais, moi aussi, j'ai gardé la petite musique dans le coeur... et ne pense pas qu'"on a tout perdu", loin de là...

Paccalet est devenu un pessimiste inconsolable... peut-être parce qu'il a vu l'agonie des océans s'amorcer lors des campagnes de Cousteau...

Et, perso, j'aimais énormément l'AFFICHE du Che !!! ;o)

jenofa a dit…

J'avais oublié Yourcenar et ----Pierre Fournier! lA honte!!!!!!
Oui, moi, c'est ce qui me gêne souvent chez Paccalet, ce pessimisme qui sent l'aigre.C'est bateau, mais je crois qu'il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre. Il en est la meilleure preuve, puisqu'il agit. Comment disait Gramsci?Quelque chose comme "Pessimisme de la conscience, optimisme dans l'action".
Et Giono "L"homme est sans remède. Il est bien entendu que, le sachant, je pense à mille remèdes".