mercredi 14 mai 2008

Mai 68: jeunesse d'alors, jeunesse d'aujourd'hui, qu'en pense Dany ?

La jeunesse française actuelle est-elle prête pour d'autres combats ?
Je ne compare pas la jeunesse d'aujourd'hui à celle de 68. Il est beaucoup plus difficile d'être jeune aujourd'hui.
En 68, la jeunesse était prométhéenne un peu partout. On disait : "Notre avenir nous appartient, on a une autre vision du monde que celui organisé par les générations qui ont fait la guerre".
La question pour les jeunes aujourd'hui est : "Est-ce qu'on a un avenir ?". C'est totalement différent !
En 68, on voulait partir à la conquête de nouvelles libertés et, en même temps, on avait un discours politique tout à fait loufoque. Partir à la conquête de la liberté en brandissant l'étendard de la révolution culturelle, de Cuba ou de la Corée du Nord n'était pas très malin !
Nous, les libertaires, on était pour la Catalogne libre de 36, pour les conseils ouvriers de 17, pour les révoltés de Kronstadt contre les léninistes. Le problème, c'est qu'on était toujours pour les losers de l'histoire ! Les perdants sont toujours les plus sympas, ils n'ont pas à se poser la question de savoir ce qu'ils feraient au pouvoir. Dans la perspective historique, notre discours n'était pas très moderne !
Mais il y avait aussi un fol espoir, une libération de la parole, c'était une révolte poétique. On ne connaissait pas le chômage - sortant de l'université en tout cas - ni le sida, le CO2 ou la mondialisation. C'était un autre monde...
source: Parlons d'aujourd'hui, interview de Daniel Cohn-Bendit